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Les raisons pour lesquelles le taux de conversion doit être abaissé

2 décembre 2015

Notre système de prévoyance doit actuellement faire face à des défis démographiques et écono-miques, dont on ne peut pas faire abstraction. L’espérance de vie ne cesse d’augmenter, le rap-port entre actifs et retraités change radicalement  et les possibilités de placement sur le marché des capitaux n’ont cessé de se détériorer. En outre, les taux d’intérêt devraient rester bas si l’on s’appuie sur des hypothèses réalistes.

Cette situation démographique et économique ébranle les fondements du système suisse de prévoyance, dont la réussite a été éclatante jusqu’ici, et nécessite une réaction cohérente, réaliste et tournée vers l’avenir.

Le déficit de l’AVS augmente, tandis que l’on assiste désormais, dans le cadre de la prévoyance professionnelle, à une redistribution entre actifs et retraités qui n’a jamais été prévue ainsi pour le 2e pilier. Celle-ci est due au fait que le capital  épargné par les retraités ne suffit plus à compenser l’allongement de l’espérance de vie. En conséquence, des rentes trop élevées sont versées aux retraités et cet argent manque au final aux actifs.

Considérons maintenant le 2e pilier: nous n’avons aucune influence sur l’augmentation de l’espérance de vie, qui est en soi réjouissante, et le rendement futur du capital des caisses de pension est incertain. Restent donc l’âge de départ à la retraite et les rentes versées mensuelle-ment comme variables d’ajustement pour adapter le système à la situation et rétablir l’équilibre financier.

La rente mensuelle est calculée au moyen du taux de conversion à partir du capital de vieillesse épargné. Si l’argent épargné doit suffire plus longtemps au versement des rentes et si, en même temps, on ne veut pas relever l’âge du départ à la retraite, le système ne peut fonctionner, en raison de la situation démographique et économique présentée plus haut, que si le montant versé chaque mois est réduit, autrement dit si le taux de conversion est abaissé.

A la fin du mois d’octobre, le conseil municipal de Lucerne a réduit le taux de conversion de la caisse de pension de la Ville de 6,2 % à 5,7 % afin de rester financièrement stable et de pouvoir poursuivre son travail de planification en toute sécurité.

Au début de cet article, il était question du fait que la situation requiert des réactions cohérentes, réalistes et tournées vers l’avenir. La décision prise par la Ville de Lucerne peut être considérée comme une réaction de ce type et constitue un pas durable et socialement acceptable  dans la bonne direction – même si elle se traduit par des rentes plus basses et semble donc impopulaire. 

Le taux de conversion doit être adossé à l’espérance de vie. Plus on tardera à prendre des déci-sions difficiles et pénibles, plus des mesures douloureuses devront être mises en œuvre à très court terme dans l’avenir.