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Comment améliorer la prévoyance vieillesse?

30 août 2017

Au cas où la réforme de la «Prévoyance vieillesse 2020» serait rejetée, le Parlement saura-t-il trouver une solution plus pertinente? C’est la grande inconnue. Qu’est-ce que ses détracteurs proposent? Qu’en sera-t-il sur le plan politique si ce projet devait effectivement échouer? 

Les solutions possibles

Il existe en principe trois possibilités pour réformer la prévoyance vieillesse: augmenter l’âge de la retraite, accepter des pertes de prestations ou procéder à une augmentation des cotisations dans la prévoyance vieillesse. Il n’y en a malheureusement pas d’autres. L’argument avancé par les opposants à la «Prévoyance vieillesse 2020» repose essentiellement sur l’affirmation plutôt simpliste qu’en cas de rejet de l’actuelle réforme, une alternative nettement meilleure pourrait être élaborée. Aucun projet concret ne se profile le toutefois derrière cette assertion. En réalité, ses détracteurs n’ont annoncé qu’une solution partielle au problème de la prévoyance vieillesse, préconisant en particulier une augmentation de l’âge de la retraite. Or, cette mesure est problématique, car des sondages ont montré que la population avait de la peine à accepter un relèvement de l’âge de la retraite.

Un éventuel plan B

Le premier week-end de juillet, la solution alternative des partis bourgeois a été finalement présentée. Elle ne se différencie quasiment pas de la réforme actuelle. Les seuls changements véritables proposés sont le renoncement au supplément de rente AVS de 70 francs par mois, ainsi que le projet d’organiser la compensation de la baisse du taux de conversion dans le cadre du deuxième pilier. Les paquets de mesures isolés ne sont pas une nouveauté. Ils ont déjà été évoqués lors des débats parlementaires et ont été rejetés. Quant aux trois solutions possibles proposées pour réformer la prévoyance vieillesse, force est de constater que la population n’accepterait pas non plus de pertes de prestations. Voilà pourquoi la réforme ne peut s’effectuer que par le biais de l’augmentation des cotisations; ce faisant, les pertes seraient particulièrement douloureuses pour les personnes ayant les rentes les plus basses. On ne leur prendrait certes absolument rien, mais, à partir de ce moment-là, elles ne disposeraient plus d’aucun bonus. Les 70 francs ont été inclus dans la réforme afin d’atténuer les conséquences de la réduction du taux de conversion, surtout pour les rentes les plus modestes. C’est du reste la raison pour laquelle ce bonus a été inclus dans la réforme. Le plan B des opposants ayant toutefois supprimé ce bonus, il n’y plus aucune mesure visant à pallier la hausse des cotisations des personnes à bas revenus. En cas d’un rejet de l’actuelle réforme, il serait en outre difficile pour les opposants de faire passer leur projet au Parlement sans aucune mesure de compensation. Les détracteurs de la réforme invoquent par ailleurs le fait qu’après un rejet de la «Prévoyance vieillesse 2020», le Parlement serait quasiment obligé de réexaminer leur projet et ne pourraient pas le rejeter une nouvelle fois. Or, cette façon de procéder exclut toute concertation avec les différents acteurs, car les partis bourgeois pourraient imposer une réforme sans aucune résistance. Il est irréaliste de croire qu’une réforme de la prévoyance vieillesse sans l’appui des socio-démocrates et malgré la résistance des syndicats franchirait le cap de la votation. Le camp de gauche a déjà accepté de faire des compromis non négligeables concernant la «Prévoyance vieillesse 2020», en acceptant notamment un âge de référence uniforme pour les femmes et pour les hommes, ainsi que la baisse du taux de conversion.

Les conséquences d’un rejet de la «Prévoyance vieillesse 2020» sur le plan politique 

Si la réforme devait être rejetée, on peut supposer que les partis de gauche seraient encore moins enclins à faire des compromis, et que le camp de la droite devrait à son tour accepter davantage de concessions. Dans ce sens, après un rejet de la «Prévoyance vieillesse 2020», il faut s’attendre à ce qu’au lieu de s’attaquer rapidement et efficacement à une nouvelle réforme, le chaos politique s’installe. Cela aurait une conséquence inéluctable pour les partis bourgeois, à savoir que la prochaine réforme serait encore plus mauvaise que l’actuelle, tandis que la gauche essaierait d’imposer un renforcement accru de l’AVS. Et même si la baisse du taux de conversion était ultérieurement acceptée, cette mesure pourrait avoir un impact plus faible qu’aujourd’hui. On serait alors obligé de le réduire davantage.

Pour éviter un tel chaos, il n’y a qu’une solution: accepter la «Prévoyance vieillesse 2020», et donc, dire «oui» à la décision fédérale concernant le financement additionnel de l’AVS au moyen d’une augmentation de la TVA; et encore une fois «oui» à la loi fédérale sur la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Ensuite, il faudra aborder aussi vite que possible la prochaine réforme, afin de progresser plus efficacement et judicieusement. C’est le seul moyen de réussir à stabiliser la prévoyance vieillesse! Vous souhaiteriez davantage d’informations? Abonnez-vous à notre newsletter

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