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Etude d’UBS sur la réforme de la prévoyance vieillesse: en réalité, ce sont les jeunes qui paient le moins

30 août 2017

L’étude d’UBS récemment parue concernant la réforme de la PV2020 laissait entrevoir un avenir difficile pour les générations les plus jeunes. En cas d’une acceptation de la réforme, celles-ci devraient, selon UBS, supporter une grande part du fardeau financier de l’assainissement. Or, une nouvelle comparaison entre les différentes générations montre exactement le contraire: ce sont en effet les jeunes qui paieront le moins. 

Comparons ce qui est comparable

L’étude d’UBS se fonde sur une comparaison qui calcule les sommes versées à la prévoyance vieillesse (par les jeunes et par les aînés) et celles reçues plus tard sous forme de rentes (pour les jeunes et pour les aînés). Elle en conclut que les jeunes devront supporter les coûts les plus élevés dans le cadre de la réforme «Prévoyance vieillesse 2020». Cette affirmation a naturellement suscité une vive polémique. Mais l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a fourni des tableaux qui contredisent ce que prétend UBS. Sur ces tableaux, on peut voir que les générations les plus jeunes ne doivent verser au maximum que la moitié des contributions supplémentaires dont les générations moyennes et plus âgées doivent actuellement s’acquitter. Cela tient à la période prise en compte. Alors que l’étude d’UBS a analysé les cotisations actuelles des assurés avec leurs rentes respectives, les tableaux de l’OFAS comparent l’ensemble des cotisations versées pendant toute une carrière professionnelle aux montants qui leur seront octroyés plus tard sous forme de rentes. Cette comparaison est plus pertinente que celle de l’étude d’UBS, dans la mesure où le montant total des cotisations versées au cours des différentes phases de la vie de ces personnes est pris en compte dans le calcul, et qu’ainsi, les mêmes périodes peuvent être analysées. L’OFAS a donc comparé ce qui est comparable – mais pas UBS.

Lien vers l’étude dUBS 

Lien vers les tableaux de l’OFAS

 

La répartition vue sous l’angle de l’équité intergénérationnelle 

La comparaison de l’OFAS signale un autre point important qui plaide en faveur d’une amélioration de la situation des jeunes générations: en cas d’une acceptation de la «Prévoyance vieillesse 2020», la répartition dans le 2e pilier se réduira de 63% pour les plus jeunes – et ce, parce que les différents points de la réforme amélioreront la situation générale des caisses de pension sur le plan financier. Cela est du reste urgent, car, selon l’OFAS, la redistribution actuelle des plus jeunes vers les plus âgés se chiffre actuellement à 1,3 milliard de francs. Le Credit Suisse et AXA Winterthour fournissent d’autres estimations: selon le Credit Suisse, elle s’élèverait à 5,3 milliards, tandis que selon AXA, elle serait même de 827 millions de francs de répartition propre et de 7 milliards (!) de répartition globale. En cas d’une acceptation de la «Prévoyance vieillesse 2020», les jeunes générations pourraient s’attendre, en prenant en compte les 63% de réduction, à seulement 481 millions de répartition selon l’estimation de l’OFAS, 1,9 milliard selon celle du Credit suisse, et 306 millions selon l’estimation propre d’AXA Winterthour. La redistribution aurait donc toujours lieu, mais à une moins vaste échelle qu’avant la réforme. Savoir que les jeunes générations peuvent espérer une diminution de la redistribution si la réforme était acceptée est en tout cas une bonne nouvelle.

Lien vers les données du Credit Suisse

Lien vers les données d’AXA

 

Conclusion

L’affirmation d’UBS, selon laquelle la «Prévoyance vieillesse 2020» se ferait sur le dos des jeunes, n’est que partiellement exacte. La comparaison se base en effet sur des périodes d’inégale durée et sans tenir compte du recul de la répartition de 63% après l’adoption de la réforme. C’est la raison pour laquelle une telle affirmation sème la confusion, car elle prétend qu’avec la «Prévoyance vieillesse 2020», on créerait une situation qui ferait peser sur les jeunes tout le poids de la prévoyance vieillesse. Or, ce n’est pas le cas. Pour expliquer la situation, on peut faire la comparaison suivante: une entreprise d’électricité augmente le prix du courant de 2 centimes pour les jeunes générations et de 4 centimes pour les plus âgées. Il ne viendrait à personne l’idée que la production d’électricité se fait au détriment des plus jeunes uniquement parce qu’ils vivent plus longtemps, et qu’ils devraient donc payer davantage durant une longue période. Au final, UBS voit pourtant un certain potentiel dans la réforme:

Grâce à la réforme, le nancement des rentes s’améliorerait aussi bien dans le 1e pillier que dans le 2e pilier, et la durabilité s’en trouverait accrue.

C’est ce qu’écrivent le professeur Bernd Raffelhüschen et Dr. Veronica Weisser dans la préface de leur étude menée pour UBS et récemment parue, Altersvorsorge – Licht und Schatten

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